LA HONTE SUR MOI

 

Je me suis fait traiter de "colon réactionnaire" par une aimable correspondante qui m'a reproché ce site "fesant (sic) l'apologie du colonialisme". "Et je sais de quoi je parle, ajoute t'elle, je suis professeuse d'histoire depuis des anées (si,si)".

Son courriel m'a bien fait rigoler, surtout à cause des fautes d'orthographe et des accords des verbes et participes passés. Dans mon idée, elle ne doit pas être bien vieille et si ses "anées" d'enseignement doivent se compter sur les doigts d'un mille pattes, ce doit être sur les doigts d'une patte de poulet qu'il faut compter ses années d'enseignement.

Ces enseignants formatés aux idées politiques, parce que ce n'est pas la première à venir me chatouiller, je les aime bien. Ils me font souvent rire. Parlez leur de leur grand homme, Jules FERRY et ils vous en diront le plus grand bien.

Jules FERRY, en Tunisie, tout le monde le connaissait. Toutes les villes et beaucoup de villages avaient une avenue ou une rue à son nom. Son nom avait même été donné à une ville nouvelle des environs de Bizerte, FERRYVILLE. (1)

Mais on ne le connaissait pas seulement en Tunisie, ce brave Jules, le papa de l'école obligatoire pour les petits Français afin que nul n'ignore que ses ancêtres étaient Gaulois. Il était connu jusqu'au fin-fond des colonies françaises d'Afrique et d'Asie. Ce grand homme vénéré aujourd'hui par beaucoup d'enseignants de France et de Navarre (sans oublier qu'il l'est aussi par les gens de gauche en général) était en fait un colonisateur de territoires et d'esprit.

Grâce à Arthur PELLEGRIN (pourtant membre de l'Académie des Sciences Coloniales :-) et d'autres hommes éclairés, quand l'histoire de France commençait par les Gaulois, l'histoire de Tunisie commençait par la préhistoire et les Berbères avant d'aborder Carthage et Rome.

Les Gaulois, c'était après et c'était l'autre manuel d'histoire, çuila de Jules FERRY. A l'école, j'ai eu droit aux deux, en bon "colon réactionnaire" que j'étais.

 

Chère "professeuse", j'espère avoir droit aux circonstances atténuantes. Le jour de l'indépendance, je n'avais pas encore dix ans.

 

(1) Après l'indépendance, FERRYVILLE avait été renommée, non sans humour, MENZEL BOURGUIBA (Le village de BOURGUIBA). La ville qui portait le nom de l'instaurateur du protectorat changeait son nom pour prendre celui de l'homme qui avait mis fin au protectorat et donné l'indépendance à la Tunisie.

 

 

Un extrait de la petite histoire de la Tunisie à l'usage des écoles primaires de la Régence. L'intégralité du livre est là